Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

À Toulouse, samedi 21 février, la communauté kurde et des militants internationalistes se sont rassemblés à la sortie du métro Jean Jaurès pour soutenir la résistance au Rojava et au Rojhelat. Des drapeaux du Kurdistan, des YPG/YPJ et d’autres symboles de défense du Rojava ont été déployés, accompagnés d’une banderole proclamant « Solidarité révolutionnaire avec le Rojava » et des messages de soutien au Parti socialiste des opprimé·es (ESP) de Turquie face à la vague d’emprisonnement de plus de 80 de ses membres. Par ailleurs, le Secours Rouge Toulouse a souligné sa solidarité suite à l’arrestation et l’expulsion d’une délégation internationale venue observer les conditions de détention inhumaines pratiquées dans les prisons de dites de « type puits » (voir notre article).

Aux Philippines, la NPA (Nouvelle Armée Populaire, branche armée du Parti Communiste des Philippines) affirme avoir éliminé sept soldats et agents de renseignement en une seule semaine dans la région de Negros Oriental. Le 11 février, une unité de la NPA a exécuté un officier des forces armées impliqué dans des violences contre des civils et des leaders paysans. Le 15 février, cinq soldats du 11e bataillon d’infanterie attaquant un détachement de la NPA à Barangay Santo Niño, Tanjay, ont été tués lors d’une contre-offensive. Enfin, le 17 février, un agent de renseignement du 94e bataillon a été éliminé par un commando de la NPA après avoir repris ses activités de surveillance.

Le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, condamné à trente ans de prison au Maroc après le démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, affirme poursuivre « le combat pour la liberté et la dignité » malgré quinze années d’incarcération. Dans un entretien téléphonique avec le quotidien algérien La Patrie News, il souligne qu’ils sont « pleinement engagés dans la lutte pour la libération nationale et la résistance […] Pour moi, quinze années de détention font partie des cinquante années de lutte du peuple sahraoui ». Il dénonce également les pressions psychologiques exercées sur les détenus sahraouis et défend la légitimité de la lutte pour l’autodétermination du Sahara occidental. Son procès a été critiqué par plusieurs ONG internationales pour irrégularités. Par ailleurs, les autorités marocaines empêchent depuis 2018 les visites de son épouse, la militante française Claude Mangin, tandis que des instances onusiennes ont appelé à garantir son intégrité physique et psychologique.

En France, près de 3 000 agents issus notamment de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale, de la douane, ainsi que de ministères et de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), ont vu leurs données personnelles diffusées en ligne par un pirate informatique. Noms, dates de naissance, coordonnées, identifiants professionnels et métadonnées circuleraient désormais sur des forums. L’auteur affirme avoir agrégé ces informations à partir de multiples failles de sécurité récentes et présente son acte comme une riposte à des violences et crimes policiers dénoncés depuis plusieurs décennies, citant notamment la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, d’Adama Traoré et de Nahel Merzouk.

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En Belgique, plusieurs personnes retenues au Centre fermé 127bis mènent une grève de la faim depuis le 17 février. Selon Getting the voice out, une aile entière refuserait de s’alimenter. Les détenus dénoncent la durée de leur rétention administrative (pouvant atteindre jusqu’à 18 mois) ainsi que des conditions de prise en charge jugées inhumaines, notamment sur le plan médical et dans leurs rapports avec le personnel du centre.

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En France, Olivia Zémor, présidente de CAPJPO-EuroPalestine, comparaîtra le 26 février devant le tribunal judiciaire de Paris. En cause : la publication, le 7 octobre 2023, d’un article intitulé « Israël complètement pris par surprise par l’offensive de la résistance ». Cette procédure s’inscrit dans un contexte de criminalisation de la solidarité avec la Palestine via le délit d’« apologie du terrorisme ». Ses soutiens appellent à un rassemblement de solidarité le 26 février, de 12 h à 13 h, devant le tribunal (Porte de Clichy).

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Au Chili, l’enquête sur la disparition et la mort présumée de la dirigeante mapuche Julia Chuñil connaît un nouveau développement avec l’extension des recherches au fundo La Fritz, propriété de l’entrepreneur Juan Carlos Morstadt, situé près de Máfil, dans la région de Los Ríos. Cette décision intervient près d’un mois après l’inculpation de trois enfants de la victime pour parricide et d’un ex-gendre pour homicide. Les investigations n’ont pour l’instant donné aucun résultat concluant. Initialement mis en cause, le propriétaire du domaine est désormais entendu comme témoin, tandis que le ministère public poursuit ses investigations.

Au Chili, le ministère public a requis la réclusion à perpétuité (simple ou qualifiée) contre 16 membres de la Resistencia Mapuche Lafkenche (RML) pour l’attaque incendiaire du Molino Grollmus, survenue en août 2022 à Contulmo dans la région du Biobío. Par ailleurs, un mineur encourt cinq ans en centre de réinsertion. Le tribunal de Cañete doit encore fixer la date de l’audience préparatoire au procès de 17 accusés.

Dans le district de Kandhamal, en Odisha, deux membres présumés du Parti Communiste d’Inde (Maoïste) ont été tués lors d’un affrontement avec les forces de sécurité dans la forêt de Karada. L’opération a été menée vers 11H par le Special Operations Group (SOG) sur la base d’informations de renseignement signalant la présence d’un groupe armé. Selon la police, l’échange de tirs a duré environ deux heures et au moins sept insurgés auraient été présents. Un fusil AK-47 et un SLR ont été saisis.

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À Bure, la contestation du projet de centre d’enfouissement nucléaire s’inscrit dans un contexte de durcissement répressif. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) finance notamment la présence permanente d’un escadron de gendarmes mobiles et prévoit la construction d’un cantonnement dédié, estimé à 10 millions d’euros, destiné à loger et installer durablement ces forces d’ici 2027. Parallèlement, une procédure d’expulsion vise un lieu collectif emblématique de la lutte. Face à la multiplication des dispositifs de surveillance, poursuites judiciaires et violences policières, deux journées de rencontres antirépression sont organisées pour partager outils et stratégies à travers ateliers et discussions, précédées d’une projection le vendredi soir. Préinscription anonyme via forms.42l.fr ; informations et mises à jour sur bureburebure.info.

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