Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

À l’occasion de la sortie de son livre Tant qu’il y aura des prisons, la sociologue, militante féministe et abolitionniste pénale Gwenola Ricordeau interviendra lors d’une rencontre publique organisée par le Secours Rouge Toulouse le samedi 14 février à partir de 18h30 à l’amphi E de l’Université Toulouse Jean Jaurès (métro Mirail Université). Dans cet ouvrage accessible et incisif, elle démonte méthodiquement les justifications classiques de l’institution carcérale (punir, dissuader, réhabiliter, protéger) pour en révéler la violence sociale, montrant que la prison est un pilier d’un ordre façonné par le capitalisme, le racisme et le patriarcat. En s’adressant autant à celles et ceux qui « croient » à la prison par défaut qu’à ceux qui sentent intuitivement qu’elle n’est pas la solution, elle invite à imaginer un monde libéré de l’enfermement.

Suite à l’arrêt de sa grève de la faim et de la soif (voir notre article), le prisonnier politique Umer Khalid est hospitalisé depuis plus d’une semaine. Tout contact avec sa famille et son avocat lui est toujours refusé. Cette détention sans accès à un conseil juridique ni à ses proches est dénoncée par ses soutiens comme une violation inacceptable de ses droits humains. Ils appellent à se mobiliser, notamment en utilisant le hashtag #FreeUmerKhalid, pour exiger le rétablissement immédiat de ses droits.

Suite à l’arrestation de 96 socialistes et journalistes en Turquie (voir notre article), des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes européennes dans la soirée du 3 février à l’appel d’AVEG-KON et d’autres organisations. En France, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées Strasbourg Saint-Denis à Paris (photo) et la police est intervenue pour interrompre l’initiative. Parallèlement, d’autres initiatiaves ont eu lieu à Rennes et à Lyon, mais aussi en Allemagne (Leipzig, Aix-la-Chapelle, Cologne, Francfort, Darmstadt, Duisbourg et Stuttgart), à Vienne en Autriche, à Genève et Bâle en Suisse, à Bruxelles en Belgique et au Royaume-Uni à Londres et Manchester. Partout, organisations politiques, syndicales et de jeunesse ont dénoncé la répression, scandé des slogans antifascistes et révolutionnaires, rendu hommage aux militants emprisonnés et appelé à renforcer la solidarité et la résistance internationales face aux attaques de l’Etat fasciste turc.

La cour d’appel de Poitiers a confirmé, le 2 février 2026, les condamnations de quatre militants opposés aux mégabassines pour l’organisation d’une manifestation interdite à Sainte-Soline en octobre 2022, allégeant les peines de prison avec sursis mais alourdissant les amendes. Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, écope de trois mois de sursis et 300 euros d’amende, tandis que David Bodin (CGT), Hervé Auguin (Solidaires 79) et Nicolas Garrigues (Soulèvements de la Terre) sont condamnés à 800 euros d’amende chacun. Si certaines interdictions ont été levées, les militants dénoncent une « justice politique », jugent ces décisions « inédites et inquiétantes » pour la liberté de manifester, et envisagent un pourvoi en cassation.

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Dimanche 1er février, un militant de Forcalquier et une militante de Chambéry ont été arrêtés illégalement par les autorités israéliennes en Cisjordanie, où ils se trouvaient avec l’International Solidarity Movement (ISM), une organisation qui agit aux côtés des Palestiniens pour assurer une présence internationale face aux colons et à l’armée israélienne. Aujourd’hui emprisonnés, leur arrestation s’inscrit dans une répression plus large visant d’abord les plus de 9200 Palestiniens actuellement en détention. Une mobilisation est appelée pour exiger leur libération et celle de toutes les personnes emprisonnées : mercredi 4 février à 13h, place du Bourguet à Forcalquier.

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À l’approche des élections municipales de mars 2026, les députés français ont voté la prolongation jusqu’à fin 2027 de l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique, confirmant l’extension continue des dispositifs de surveillance en France. Le nombre de caméras de voie publique contrôlées par les forces de l’ordre est passé de 60 000 en 2013 à 90 000 en 2023, et ce chiffre explose si l’on inclut les caméras installées dans les commerces, banques ou parkings, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) en recensant déjà près de 935 000 en 2012.

Le syndicat SUD PTT appelle à un rassemblement de soutien ce mercredi 4 février à 13h, devant l’Hôtel des Postes de Marseille, en faveur de Yann Quay-Bizet, secrétaire départemental menacé de sanctions disciplinaires. Cette mobilisation dénonce une « fièvre anti-syndicale » au sein de La Poste, où les syndicalistes s’opposent fermement à la fermeture récurrente de bureaux, à l’augmentation des tarifs et à la dégradation des conditions de travail. Selon le syndicat, la direction multiplierait les procédures d’intimidation et les mises à pied pour faire taire la contestation sociale face à la suppression de milliers d’emplois (voir notre article).

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À Paris, Paul, postier dans le 15ᵉ arrondissement, militant de Sud-PTT et candidat de Révolution permanente aux municipales, est convoqué le 6 février devant un conseil de discipline et risque 15 jours de mise à pied pour avoir défendu le droit d’expression syndicale face à une tentative d’entrave de la direction. Cette sanction s’inscrit dans un contexte de réorganisation imminente à La Poste, marquée par suppressions de postes, dégradation des conditions de travail et pression accrue sur les salariés, et vise à faire un exemple pour intimider les travailleurs combatifs. Son cas illustre une politique plus large de répression syndicale menée par La Poste ces dernières années (voir notre article). En réponse, des syndicats et de nombreux collègues appellent à une mobilisation de soutien le 6 février à 8h30 devant le siège régional de La Poste, au 111 boulevard Brune à Paris.

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Cinq militants basés à Berlin sont emprisonnés sans procès depuis septembre 2025 pour une action directe contre Elbit Systems à Ulm, entreprise d’armement impliquée dans la guerre à Gaza (voir notre article). Ils dénoncent de graves violations de leurs droits en détention (accès restreint aux avocats, nourriture et médicaments, courrier bloqué, isolement prolongé). Leur procès est attendu fin juillet 2026, avec une détention provisoire susceptible d’excéder largement les délais habituels. Une campagne de financement participatif a été lancée pour couvrir les frais non pris en charge (justice, détention, visites, mobilisation) : voir ici.

Dans la nuit du 30 au 31 janvier, plusieurs militants ont été interpellés à Grenoble après avoir déployé une banderole dénonçant les crimes et les discriminations attribués à la police. Lors de l’intervention, les forces de l’ordre ont proféré des menaces physiques, évoquant notamment l’usage de LBD pour déloger les activistes perchés dans un arbre. Durant leur garde à vue, les personnes arrêtées dénoncent des entraves, comme le refus d’accès à des soins médicaux malgré des situations d’urgence. À l’issue de ces événements, trois militants font l’objet de poursuites judiciaires, avec un procès fixé au 19 janvier 2027 au tribunal de Grenoble.

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