Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Détenus dans les prisons marocaines, deux prisonniers politiques sahraouis viennent de retrouver la liberté : Aziz El Ouahidi (à droite sur la photo), après dix ans d’incarcération, et l’étudiant Aymen El Yathribi, après plus de deux ans à la prison de Loudaya à Marrakech. Selon le Front Polisario, il y aurait environ 70 prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines.

Hacı Haykır, arrêté en 1994 à Cizîr (Cizre) et condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal de sécurité d’État d’Erzurum, a été libéré le 6 février 2026 de la prison de haute sécurité de Burdur après 32 années d’incarcération. Au cours de sa détention, il avait été transféré dans plusieurs établissements, dont Ordu, Trabzon, Amed, Midyad, Şirnex, Trakya, Erzurum et Sêrt. Sa libération, initialement prévue pour le 6 juin 2025, avait été retardée de huit mois par l’administration pénitentiaire pour un prétendu manquement à la déclaration de « neutralité ». À sa sortie, Haykır a été accueilli par sa famille.

À la prison pour femmes de Şakran, à Izmir, les révolutionnaires emprisonnées Tuğçenur Özbay et Güzin Tolga ont entamé une grève de la faim le 1er février après que l’administration pénitentiaire a tenté de les contraindre à porter des badges étiquetés « Terroriste de gauche ». Face au refus des détenues, la direction de la prison a instauré une série de mesures répressives : interdiction des visites familiales et des consultations avec leurs avocats, interdiction des appels téléphoniques et suspension de la réception des colis, imposant un isolement quasi total. Leur grève de la faim vise à obtenir la suppression de ces badges et la levée de toutes les restrictions instaurées sous ce prétexte.

Le prisonnier politique Umer Khalid a été libéré de l’hôpital après plus d’une semaine de soins consécutifs à l’arrêt de sa grève de la faim et de la soif (voir notre article). S’il est désormais retourné à la prison de Wormwood Scrubs, ses soutiens continuent de dénoncer fermement la période d’isolement durant laquelle tout contact avec sa famille et ses avocats lui a été refusé. Ils continuent de se mobiliser via le hashtag #FreeUmerKhalid pour exiger le respect immédiat de ses droits fondamentaux. Bien qu’Umer ait pu reprendre contact avec ses proches dans la soirée du 6 février, la vigilance reste de mise et ses soutiens appellent à poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention d’une mise à jour complète sur son état.

Prisonnier politique incarcéré suite aux soulèvements historiques à Minneapolis en mai 2020 contre le racisme systémique, Montez Lee purge actuellement une peine fédérale de dix ans tout en menant une bataille héroïque devant la cour d’appel pour faire annuler ses charges illégitimes. Père de famille et musicien, il est la cible d’une répression d’État visant à intimider ceux qui défendent leurs communautés contre les violences systémiques. Pour soutenir ce combat, ses soutiens organisent la solidarité afin de financer ses frais juridiques, son quotidien en détention et les besoins de ses enfants, tout en brisant son isolement par l’envoi de correspondances et d’ouvrages spécialisés en musique ou en littérature de fiction (voir ici).

Le vendredi 6 février, les autorités israéliennes ont expulsé Camille (22 ans, de Chambéry) et Momo, deux membres de l’organisation International Solidarity Movement (ISM), après le rejet de leur appel. Arrêtés le dimanche précédent en Cisjordanie (voir notre article), ils étaient détenus pour leur présence dans une « zone militaire fermée ». Le comité de soutien de Camille dénonce un « simulacre de justice » et une décision politique visant à écarter les témoins internationaux pour faciliter l’expansion des colonies et l’éviction des populations bédouines, notamment dans le secteur d’Al-Mughayyer.

Dossier(s): Monde arabe et Iran Tags: ,

Dans le district de Gadchiroli, dans l’est du Maharashtra, sept maoïstes, dont le dirigeant Prabhakar alias Loketi Chandar Rao, ont été tués lors de confrontations avec la police au cours d’une opération anti-Naxalite qui durait depuis trois jours. Prabhakar, originaire du Telangana et responsable de plusieurs unités maoïstes dans la région, était recherché avec une prime de 25 lakh de roupies sur sa tête (environ 27 500 euros). L’opération, déclenchée sur la base de renseignements, a mobilisé quatorze unités de la force spéciale C-60. Au total, sept corps ont été récupérés, accompagnés d’armes dont des AK-47 et des fusils SLR. Dans le même temps, le policier Deepak Chinna Madavi, qui avait assassiné deux maoïstes, est décédé de ses blessures, tandis qu’un autre agent est blessé.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: ,

Dans le cadre d’une offensive répressive ciblant le Parti Socialiste des Opprimés (ESP), la Fédération des Associations de Jeunesses Socialistes (SGDF), le Conseil des Femmes Socialistes (SKM), le média ETHA et diverses structures politiques et syndicales de gauche, une centaine de militants ont été interpellés le 3 février lors de perquisitions menées dans 22 villes de Turquie et du Bakur, sous l’accusation d’« appartenance à une organisation et de propagande organisationnelle », en l’occurrence le Parti Communiste Marxiste-Léniniste (MLKP). Lors de plusieurs audiences les 5 et 6 février, 77 d’entre eux ont été placés en détention, tandis que d’autres ont bénéficié de mesures de contrôle judiciaire. Parmi les personnes emprisonnées figurent Berfin Polat (co-présidente de la SGDF), Murat Çepni (co-président de l’ESP) et Tanya Kara (porte-parole du SKM). Lors de son procès, Murat Çepni a déclaré : « Vous pouvez prendre en otage les membres de l’ESP avec des dossiers montés de toutes pièces, mais vous ne ferez jamais capituler son idéologie et sa politique. La lutte du peuple pour la liberté et le socialisme continuera, et l’ESP restera au cœur du combat. Il n’y a ni pessimisme, ni résignation ! »

Ces arrestations ciblent des militants pour leur engagement en faveur du Rojava, de la révolution socialiste, des droits des travailleurs et de la lutte pour l’émancipation des femmes, ainsi que pour la diffusion d’idées socialistes. Le procès et les interrogatoires reposent sur des témoignages d’« informateurs » et incluent des pièces à conviction, telles que des livres de Mahir Çayan, Che Guevara ou le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, qualifiés de « preuves d’activité criminelle ». Les militants détenus et leurs avocats dénoncent des procès politiques et appellent à la solidarité, alors que les initiatives de soutien se multiplient en Turquie et dans plusieurs pays européens.

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Le 20 janvier, la journaliste Nujan Mala Hassan a été blessée par des tirs à balles réelles de soldats turcs alors qu’elle couvrait des manifestations pour le Rojava le long de la frontière syro-turque, dans le cadre d’une escalade répressive ciblant manifestants et journalistes. Alors que les forces turques utilisaient initialement canons à eau et gaz lacrymogènes, elles ont ouvert le feu directement sur la foule sans sommation, touchant Hassan à l’abdomen puis à la jambe, ainsi que plusieurs civils. L’incident est une violation du droit international humanitaire et une attaque délibérée contre la liberté d’informer, soulevant de sérieuses questions sur l’impunité des forces militaires et la protection des journalistes dans les zones de conflit.

Face à la surincarcération, la ministre de la Justice Annelies Verlinden étudie la création d’une prison flottante pouvant accueillir environ 300 à 350 détenus, potentiellement opérationnelle dès l’été 2026. Inspiré d’expériences néerlandaises et d’un ancien ponton utilisé à Gand pour des migrants, le projet reste toutefois complexe pouvant entrainer d’éventuelles adaptations législatives.

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