Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Vingt-trois des accusés dans l’affaire des Filton 24 (voir notre article) ont été libérés sous caution lors d’une audience à l’Old Bailey, après avoir été détenus jusqu’à 18 mois en attente de procès. Tous les accusés, à l’exception de Samuel Corner, ont obtenu leur libération. Ce dernier fait l’objet d’une nouvelle accusation de coups et blessures graves avec intention contre un policier et a annoncé avoir déposé une nouvelle demande de libération. Cette décision fait suite à l’acquittement par jury des six premiers membres pour vol aggravé, ainsi qu’à l’acquittement formel des six autres pour la même accusation, passible de réclusion à perpétuité.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé au 40ᵉ dîner du CRIF qu’une proposition de loi pénalisant l’antisionisme sera inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès avril, portée par la députée Caroline Yadan et déjà adoptée en commission des lois (voir notre article). Le texte prévoit d’élargir le délit d’apologie du terrorisme et de créer une infraction de « négation de l’existence d’un État », dans le cadre de la défense de l’existence d’Israël et de la criminalisation de l’antisionisme conséquent qui appelle à la libération de la Palestine de la mer au Jourdain. L’exécutif soutient par ailleurs l’introduction d’une peine d’inéligibilité pour propos antisémites, et donc par extension pour futurs propos antisionistes.

Le gouvernement sénégalais, dirigé par le parti Pastef, a adopté le 18 février en Conseil des ministres un projet de loi visant à renforcer la répression des « actes contre nature » prévus à l’article 319 du Code pénal, en doublant les peines de prison jusqu’à dix ans et en portant les amendes à 10 millions de F CFA, tout en étendant les sanctions à toute « apologie » ou promotion des relations homosexuelles par des organisations ou via des supports médiatiques. Le texte, qui prévoit aussi des peines pour dénonciation calomnieuse, doit encore être voté par les députés pour entrer en vigueur.

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Au moins 37 mineurs kurdes, âgés de 15 à 17 ans, ont été arrêtés en janvier dans la province de Şırnak lors de manifestations de soutien au Rojava contre l’offensive menée dans le nord et l’est de la Syrie, puis pour douze d’entre eux transférés à la prison fermée pour mineurs de Hatay, à près de 700 km de leur famille. Selon une plainte déposée au Parlement par la députée Newroz Uysal Aslan de l’organisation de gauche pro-kurde DEM Parti, les adolescents dénoncent des violences lors des arrestations, des signatures forcées de documents, des transferts dans des conditions dégradantes, ainsi que des fouilles à nu, des coupes de cheveux imposées et des humiliations en détention. La parlementaire a saisi la Commission d’enquête sur les droits de l’homme afin d’obtenir une investigation indépendante sur ces accusations de torture et de mauvais traitements.

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Par une ordonnance rendue mercredi 18 février, le Conseil d’État a rejeté la requête en référé du Syndicat de la magistrature (SM) visant à suspendre en urgence une circulaire du 30 décembre 2025 du garde des Sceaux Gérald Darmanin demandant aux parquets de requérir des peines de prison ferme dans certains dossiers de violences commises lors du Nouvel An, notamment contre des policiers, des femmes et des enfants. Le syndicat estimait que cette instruction portait atteinte à l’indépendance du parquet et au principe d’individualisation des peines ; le juge des référés n’a toutefois retenu ni l’urgence (faute d’éléments concrets sur les dossiers concernés) ni l’existence d’une instruction générale imposant en toutes circonstances des réquisitions de prison ferme.

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Les prisonnières politiques Carmen Villalba, Laura Villalba et Francisca Andino font l’objet de conditions carcérales dégradantes, incluant l’isolement prolongé et la privation de soins médicaux, visant à briser physiquement et psychologiquement ces opposantes politiques.Le système répressif paraguayen ne se limite pas à l’incarcération des opposantes politiques. Il s’attaque violemment à leur cercle familial le plus proche pour briser toute velléité de résistance. La tragédie des enfants de la famille Villalba en est l’illustration la plus brutale : Lilian Mariana et María Carmen, deux fillettes de la famille, ont été exécutées par des unités militaires, tandis que Carmen Elizabeth, surnommée « Lichita », la propre fille de la prisonnière Carmen Villalba, est portée disparue.

Ritchy Thibault, porte-parole de PEPS (Pour une écologie populaire et sociale, est convoqué le 23 février devant la police judiciaire dans le cadre d’une enquête portant sur sept infractions présumées liées à ses déclarations publiques. En particulier, il est convoqué pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation, outrage et intimidation envers une personne dépositaire de l’autorité publique, ainsi qu’injure publique envers un ministre.

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Le 18 février 2026, la Cour de Paris a examiné les dossiers de Zaid et Gino, deux militants antifascistes visés par des mandats d’arrêt européens émis respectivement par la Hongrie et l’Allemagne. La justice française avait déjà refusé une première demande d’extradition vers la Hongrie pour Gino en avril dernier (voir notre article). Concernant Gino, la Cour exige des compléments d’enquête auprès des autorités allemandes pour vérifier l’indépendance de la procédure vis-à-vis d’une éventuelle ingérence hongroise. Les délibérés et prochaines audiences ont été fixés au 18 mars 2026.

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Six membres d’une délégation internationale composée d’avocats, journalistes et d’activistes ont été interpellés le 19 février 2026 en Turquie, puis conduits vers les services de gestion migratoire en vue d’une expulsion, après une visite auprès du Halkın Hukuk Bürosu (People’s Law Office). Arrivés le 18 février pour observer les nouveaux modèles de prisons dites « de type puits » (S, R, Y et haute sécurité), dénoncées pour leurs conditions d’isolement extrême, les délégués (dont l’avocate de prisonniers politiques espagnols Alejandra Matamoros ainsi qu’un membre de la revue Supernova/Front Anti-Impérialiste) faisaient une mission d’observation. Le bureau international du People’s Law Office dénonce une violation de la liberté d’expression et du droit de contrôle des conditions de détention, exige la libération immédiate des personnes arrêtées et l’abandon des procédures d’expulsion.

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Six hommes âgés de 20 à 26 ans ont été mis en examen pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs » après la mort du militant fasciste Quentin Deranque, à la suite d’un guet-apens organisé par des fascistes et d’affrontements avec des antifascistes le 12 février à Lyon (voir notre article). Une septième personne est poursuivie pour « complicité d’homicide volontaire » ainsi que pour les mêmes qualifications connexes. Six des suspects ont été placés en détention provisoire et le septième sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester et de paraître à Lyon. Plusieurs reconnaissent leur présence sur les lieux et certains admettent avoir porté des coups, tout en contestant toute intention de tuer. Deux d’entre eux n’ont fait aucune déclaration. Les quatre autres personnes interpellées (3 femmes et 1 homme) ont été libérées jeudi après-midi. Elles ont été entendues pour « recel de malfaiteurs ».

Une marche d’hommage au militant néonazi est prévue le 21 février à Lyon, sous haute sécurité, le ministre de l’Intérieur n’ayant pas demandé son interdiction. Mardi 17 février, une minute de silence a également été rendue à l’Assemblée nationale, avec la validation de l’ensemble des groupes parlementaires de gauche. Depuis, plusieurs rassemblements de militants fascistes locaux ont été interdits, comme à Toulouse, où une quinzaine de nervis ont multiplié les agressions en marge de l’initiative interdite, entraînant le placement en garde à vue de quatre personnes qui dénonçaient leur présence. À Brest, des dizaines de contrôles d’identité ont eu lieu après l’interdiction d’une manifestation antifasciste par la préfecture. À Nantes, des contre-manifestants lors d’un hommage au militant ont été nassés, certains ont été arrêtés et frappés par la police.

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