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Programme

Programme

Préambule

Le 11 novembre 2000, les délégations de Revolutionarer Aufbau (Suisse), de l’Associazione Solidarieta Proletaria (Italie), du Collectif pour un Secours Rouge (France) et de l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (Belgique) ont jeté les bases pour la construction d’un Secours Rouge International, dans le but de soutenir les prisonniers et prisonnières révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes et pour agir contre toutes les formes de répression de classe et la contre-révolution. La capacité d’agir de façon organisée et coordonnée dans plusieurs pays sur un même thème donnera plus de force à chaque organisme et organisation dans leurs propres conditions de lutte particulière.

Tout ceci donnera plus de force et de perspectives politiques contre l’ennemi commun, l’impérialisme, qui n’a pas attendu, depuis déjà longtemps, pour agir au-delà des frontières nationales.

Il s’agit aussi de répondre de façon constructive à l’initiative de dizaines et dizaines de prisonniè/res révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes de divers pays d’Europe et autres, qui se sont constitué/es à travers la Plate-forme du 19 juin 1999 en une communauté de lutte dans et contre les prisons impérialistes.

Il s’agit enfin de reprendre une des plus belles et glorieuses expériences du mouvement communiste international en tendant, dans la situation actuelle, à la reconstruction d’un Secours Rouge International qui existait dans la période des luttes prolétariennes et antifascistes dans les années 20 et 30.

Les organisations constituant la Commission pour la construction d’un Secours Rouge International sont conscientes que cet acte n’est qu’un premier pas dans une telle direction et demandent aux autres organisations politiques, organismes de solidarité et militants communistes, révolutionnaires et progressistes, de soutenir cet effort.

Il s’agit d’intensifier l’intervention dans ce sens, en la liant à un autre aspect, actuellement moins évident : le développement de la lutte contre la répression de classe et de masse, travailler afin que fassent partie de la Commission pour un Secours Rouge International les éléments et les structures engagées en première ligne dans la lutte de classe. Cela signifie participer à la lutte contre la répression, en créant de nouvelles sphères de confrontation pour l’unité de classe et pour une nouvelle avancée révolutionnaire.

L’organisme international que nous envisageons de reconstruire est aussi un moyen pour mieux organiser la défense des détenu/es révolutionnaires, en facilitant leur sortie du ghetto où l’impérialisme tente de les bloquer, en leur restituant la place et le rôle d’avant-garde révolutionnaire qu’ils méritent au sein du prolétariat. Ceci donne au travail de la Commission pour un Secours Rouge international une autre particularité, la reliant à l’objectif plus ample de l’union communiste, celle du processus révolutionnaire lié étroitement à l’expérience des masses.

Cette unité dans la pratique se fonde sur une base politique commune :

l Reconnaître les détenu/es révolutionnaires en tant que patrimoine précieux de la lutte de classe et de l’expérience de la révolution prolétarienne, en tant que présence vivante dans l’actuelle redéfinition du camp révolutionnaire, en tant que présence forte dans la recherche d’une nouvelle avancée révolutionnaire.

l Ils/elles sont l’expression des tentatives les plus avancées qui se soient développées dans certains pays impérialistes, en particulier là où a été affrontée avec courage la question de la violence révolutionnaire, aspect indissociable de tout processus révolutionnaire pour abattre le pouvoir de la bourgeoisie impérialiste.

l Les défendre acquiert encore plus de signification par rapport au développement de la crise capitaliste

l Leurs conditions de détention et l’acharnement répressif sur eux/elles sont la partie la plus visible de l’ensemble de la politique répressive qui frappe toute la classe ouvrière. D’où la nécessité d’unifier les différents sujets de cette répression politique de classe. ’La résistance des masses populaires renforce celle des détenu/es révolutionnaires, de la même manière cette dernière renforce les mouvements de masse’.

l Les détenu/es révolutionnaires sont la concrétisation de la lutte anti-impérialiste à son niveau le plus haut, et c’est très important à un moment où l’impérialisme approfondit et relance ses formes de domination, écrasant les peuples avec ses armes économiques, politiques et militaires, en alimentant la tendance à la guerre impérialiste.

Plate-forme politique générale et quelques éléments organisationnels

Sont considéré/es comme prisonnièr/es politiques toutes et tous les militant/es révolutionnaires détenu/es pour leurs activités politiques et politico-militaires, ainsi que tous les ouvriers, paysans, chômeurs, étudiants, jeunes et femmes des masses populaires et autres, persécutés et emprisonnés dans le cadre de la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste. Là où il y a oppression, il y a résistance. A la résistance des opprimé/es s’oppose la répression de la bourgeoisie, quels que soient ses représentants politiques à la direction de leurs régimes, fascistes, réactionnaires ou soi-disant démocratiques.

La Commission soutient les combattant/es détenu/es à cause des luttes anticapitalistes, de libération nationale, puisque c’est une étape sur le chemin vers le socialisme, sur la base du critère de l’affaiblissement et du renforcement du mouvement ouvrier dans son ensemble.

La Commission exclut de son travail de soutien tous les prisonnièr/es luttant pour des causes réactionnaires, obscurantistes et antipopulaires comme le chauvinisme, la religion ou le racisme.

La Commission affirme que la solidarité envers les prisonniers doit être le lieu où les fractures et divergences politiques, idéologiques et organisationnelles doivent être les moins influentes. Le devoir d’unité autour des prisonnièr/es et face à la répression bourgeoise amène la Commission a, par avance, rejeter l’éventualité d’une prise de position dans un conflit interne au mouvement communiste et révolutionnaire que ce soit au sein d’une organisation ou entre deux organisations.

Sont invités à s’intégrer à la Commission, sur base de cette plate-forme, tous les comités d’appui, de soutien, de défense, de solidarité ou même les simples individus qui s’occupent des prisonnièr/es politiques. En outre toutes les organisations communistes et révolutionnaires anticapitalistes qui travaillent en ce sens.

La Commission se donne un Centre Directeur avec des tâches exécutives, composé de représentants des organismes internationaux adhérents.

L’activité de la Commission n’est pas de nature humanitaire ni caritative, mais politique. Elle n’est pas neutre, mais fait partie intégrante d’un mouvement unique anticapitaliste, anti-impérialiste, antifasciste, visant à renverser ce système d’exploitation et d’oppression. Elle a pour objectif de lier la résistance des camarades dans les prisons à celle qui se développe à l’extérieur avec la lutte prolétarienne et de masse, au processus plus général de la révolution pour le communisme.

Les organisations et membres de la Commission entendent souligner leurs convergences politiques et idéologiques ; constituer une communauté de lutte en dehors des prisons impérialistes mais en relation étroite avec elles. La lutte de quelques-uns s’unit à la lutte générale de tous. La solidarité est une arme !

La Commission met en évidence que les raisons qui ont poussé ces camarades à lutter sont toujours plus d’actualité. Le règne barbare de l’impérialisme et du capitalisme poussent chaque jour plus de peuples dans le monde vers la misère, la guerre, les maladies, la destruction de la nature, etc. Nous avons raison de nous révolter !

La Commission remarque que soutenir les luttes et l’identité politique des prisonnièr/es politiques renforce les mouvements de masse dans la lutte commune contre le capitalisme. De la même manière, développer la lutte de classe, en contribuant concrètement à la renaissance du mouvement communiste et révolutionnaire, à partir de sa propre réalité, est le meilleur moyen pour défendre les camarades emprisonné/es. Pour ce motif, on a besoin de faire savoir aux masses qui luttent, la réalité des révolutionnaires emprisonné/es, les amener à reconnaître ces hommes et ces femmes, otages de la bourgeoisie impérialiste, comme parties intégrantes d’une même lutte de classe générale. Ceux-ci, nonobstant les dures conditions de détention, continuent à lutter. Il faut que les prisonnièr/es reçoivent la solidarité et l’affection qu’ils méritent, pour le lourd prix qu’ils paient en promouvant et en participant à la lutte pour l’émancipation de l’esclavage de la bourgeoisie.

Aussi, en référence à la structure de lutte historique du mouvement communiste, nous proposons comme nom provisoire Commission pour le Secours Rouge International. Au moment opportun et une fois que cette structure aura une dimension suffisamment grande et organisée, le nom sera changé en Secours Rouge International.

Points de programme

Conséquemment à la pratique et à la conception unitaire atteinte au plan international, à propos de la question de la défense des révolutionnaires emprisonné/es et de la lutte commune contre la répression de la bourgeoisie impérialiste, nous établissons les points suivants :

l Renforcer la Commission pour un Secours Rouge International en propageant la construction de comités locaux du Secours Rouge partout où cela est possible, unis par un bulletin et dans une claire direction politique.

l Poursuivre et développer les campagnes en cours pour la libération des prisonniers malades, en soutenant les revendications concernant la vie quotidienne en prison, contre toutes les formes d’isolement, contre les longues peines, les mesures de sécurité, les restrictions à la liberté conditionnelle, contre les lois d’exception, la double peine, l’expulsion et l’extradition.

l La Commission prend acte de la constitution d’une communauté de lutte dans et contre les prisons impérialistes, dont font partie des dizaines de prisonnièr/es de divers pays, qui ont adhéré à la Plate-forme du 19 juin 1999. La Commission soutient cette initiative et travaille pour son développement. Elle entend, en outre, développer avec les prisonnièr/es signataires de cette Plate-forme des rapports privilégiés.

l Soutenir tous les militants de classe frappés par la répression dans le cadre des luttes sociales, en promouvant et organisant l’assistance économique, légale et sanitaire là où elle est nécessaire.

l Promouvoir et développer des campagnes internationales, comme celles des camarades turcs qui luttent contre les nouvelles prisons à cellule individuelle ; comme celle des camarades belges pour la libération de Pierre Carette, celle pour la libération immédiate des camarades français Georges Cipriani et Nathalie Ménigon, gravement malades ; enfin celle pour la libération de Francisco Bronton Beneyto, camarade espagnol arbitrairement détenu depuis deux ans, après avoir déjà purgé vingt années de prison !

l Que la Commission pour le Secours Rouge International ait la charge chaque année d’organiser un Journée Internationale du Révolutionnaire Prisonnièr/e (J.I.R.P.), le 19 juin, chaque fois dans un pays différent d’Europe ou du bassin méditerranéen.

l Que l’activité de chaque groupe et organisme qui adhère à la Commission pour le Secours Rouge International s’engage au niveau national et local à accroître la solidarité des masses populaires avec les révolutionnaires emprisonné/es, puisque dans ce développement pratique est la clef de la libération de tous les révolutionnaires emprisonné/es.

Vives et affectueuses salutations à tous et toutes les détenu/es révolutionnaires, à leur résistance, à leur précieuse contribution à la cause révolutionnaire !

Commission pour le Secours Rouge International

Paris, 26 mars 2001

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