Début février, le site internet du ministère grec de la Justice avait subi une attaque menée par le groupe ’Greek Hacking Scene’ (G.H.S.), se réclamant du collectif Anonymous et menaçant de rendre inutilisables le site du ministère, mais aussi ceux des médias du pays, jusqu’à ce que la Grèce se retire de l’Accord commercial anticontrefaçon (ACTA). Depuis, le département du crime électronique de la police mène l’enquête, et dans ce cadre, un lycéen de 18 ans a été arrêté hier pour ’introduction illégale dans des systèmes électroniques’. Des poursuites pénales ont été ouvertes à son encontre et il encourt une peine d’au moins un an de prison. La police a indiqué qu’elle était toujours à la recherche de deux autres adolescents de 16 et 17 ans en raison de leur participation présumée à cette attaque. Lors d’une perquisition aux domiciles des trois jeunes, elle a saisi douze disques durs et trois ordinateurs.
’Athens IndyMedia Center’ (AIMC), le site le plus fréquenté et utilisé par l’opposition révolutionnaire grecque a subit plusieurs attaques de la part des autorités depuis le 12 février. Des tentatives d’attaques DDOS (Attaque par Déni de Service, type d’attaque utilisée pour surcharger un site et le mettre hors-ligne pour quelques minutes ou quelques heures, popularisé par Anonymous) ont été effectuées sans succès, alors que la Faculté Polytechnique qui héberge le serveur-relai d’AIMC prétexte des coupures de courant pour couper régulièrement l’accès au site, explique Jolly Roger membre du collectif dans une interview. Des campagnes de solidarité internationale ont démarré, notamment en France et en Espagne.
Suite à la journée d’émeutes du 12 février, des dizaines de révolutionnaires grecs ont été arrétés, principalement le 18 février lors de perquisitions massives. Des rassemblements de solidarité ont eu lieu le même jour à travers la Grèce pour réclamer la libération de tous les prisonniers, notamment ceux arrétés les 12, 13 et 18 février. Il est actuellement très difficile de cerner l’ampleur de la répression qui a suivit et qui suit la journée du 12 février.
Sticker de solidarité avec IMC Athènes
Suite à des embuscades aux premières heures du 13 février (cordes tendues en travers de la route pour faire tomber les Voltigeurs Delta, policiers solitaires pris à parties,...) des balles réelles correspondant à des armes policières ont été retrouvées aux abords de la Clinique Insurgée. À Thessalonique, au moins 4 personnes sont en attentes de procès. À Athènes, au moins 20 membres d’AK (Αντιεξουσιαστική Κίνηση – ’Mouvement Antiautoritaire’) ont été arrétés.


100‘000 manifestants à Athènes et à Salonique, des rassemblements allant jusqu’à 15‘000 personnes ailleurs en Grèce, 11 grands bâtiments en feu à Athènes, la police anti-émeute reculant (pour la première fois) sur les marches du Parlement avant de noyer littéralement la Place -et le cortège des retraités qui passait à ce moment là- de gaz lacrymo , 20 blessés dont une bonne majorité de policiers, Indymedia Athènes et plusieurs radios révolutionnaires saturées une grande partie de la journée : l’appel à la ‘chute du régime’ lancé ce dimanche par les révolutionnaires grecs a été largement suivi. Pourtant ce matin, rien ne semblait gagné : la police a encerclé en masse la faculté de droit occupée (reconvertie en ‘clinique insurgée’) et plusieurs autres positions stratégiques des anarchistes. Le KKE/Pame a tenté sans succès d’éviter les zones à risque pour conserver la pacificité de son rassemblement. Malgré tout, les black-blocs on su se retrancher dans les rues avoisinantes et prendre la police de revers, brûlant et cassant fast-foods, banques et sièges de multinationales sur leurs passages.
EDIT : Un groupuscule revendique aux premières heures du 13 février le piratage de tous les plus gros sites gouvernementaux et policiers grecs, de quelques sites militaires ainsi que celui de la NASA. Liste détaillée : athens.indymedia.org/front.php3 ?lang=el&article_id=1377640
Quelques 25.000 manifestants ont convergés dans le centre d’Athènes ppour s’opposer au nouveau plan gouvernemental d’austérité. des groupes de manifestants ont rompus les cordons policiers. Des affrontements s’en sont suivis.
EDIT Les affrontements ont pris une dimension inaccoutumée pendant la nuit à Athènes. La bibliothèque nationale d’Athènes, un bâtiment voisin du siège du FMI, un immeuble de l’Eurobank, et même un café Starbucks ont été attaqués et incendiés par des manifestants qui ont essayé sans succès de forcer les portes de la mairie. 34 bâtiments au total ont pris feu. La télévision publique a fait état d’affrontements dans l’île touristique de Corfou, en Crète, à Thessalonique, dans le nord de la Grèce, et dans des villes du centre du pays, Volos et Agrinio. Pendant ce temps les parlementaires votaient les nouvelles mesures d’austérité dictées par le FMI et l’UE.

Les membres de Lutte Révolutionnaire ont fait ce 6 février une déclaration en commémoration de la mort de Lambros Fountas (le 10 mars 2010), décédé dans la fusillade avec la police qui ouvra la répression contre le groupe. Le texte, initialement rendu public en anglais, a été traduit par les soins du Secours Rouge.
Le 4 février, pour la première fois depuis les évènements du 19 octobre (les affrontements entre autonomes/anarchistes et le KKE/PAME) les groupes anarchistes ont réussis à organiser une manifestation sauvage de 5’000 personnes. Seuls deux banderoles ouvraient et fermaient le cortège : les groupes ont optés pour une autre technique anti-répressive, deux lignes armées de bâtons et de masques à gaz de chaque côté de la manifestation.

Alors que des centaines de policiers protégeaient le parlement, 5 policiers d’une unité spéciale à moto (les Voltigeurs Delta) ont interpellés et fouillés un groupe de 6 manifestants à l’écart. En quelques secondes, une cinquantaine de black-blocks ont encerclé et attaqué. Les voltigeurs se sont rapidement enfuis, laissant les sacs auparavant saisis sur place. Le soir même, une soixantaine de manifestants ont caillassé à l’aide de lance-pierres la résidence du président grec en solidarité avec les prisonniers politiques, à leurs tours poursuivis par des voltigeurs delta, ils ont réussi à semer la police dans les rues d’exarchia. Bilan de la journée : aucune arrestation.
Pour les 10 et 11 février, une grève générale de 48h a été décrétée par 3 syndicats grecs. Une manifestation de 25’000 personnes (qui a fédéré ML, anarchistes et trotskystes) a traversé Athènes, tandis que de nombreuses mairies , hôtels de ville, sièges de sociétés, usines étaient occupés (ou attaqués) par des Comités pour l’Autogestion et/ou des émeutiers. Deux zones d’affrontements ont éclot sur le parcours de la manifestation dont l’une près de la Place Syntagma, alors que des anarchistes tentaient d’incendier le Ministère des Finances. Si la bataille était de ‘petite’ envergure (le KKE/PAME avait bloqué les transports en communs au lieu de les laisser gratuits comme cela s’est déjà produit), la violence a rapidement été extrême : cocktails Molotov contre grenades anti-émeutes. On déplore une dizaine d’arrestations judiciaires et beaucoup d’arrestations administratives. La plupart des incendiaires et des manifestants ont réussis à fuir vers Exarchia ou dans la fac’ de droit (reconvertie par les anarchistes, pour l’occasion de la grève, en hôpital occupé).

Le soir du 9 février déjà, 15’000 personnes avaient envahi les rues d’Athènes dans 4 rassemblements spontanés qui ont suivi l’adoption d’un nouveau plan de rigueur. Après avoir cassé les banques et brulé les bennes qui se trouvaient sur leurs chemins, les rassemblements ont convergé vers la Place Syntagma, les Ministères du Travail et de la Santé ainsi que la Fac’ de Droit ont été occupés.
L’appel à manifester pour dimanche : « Prenons la Place Syntagma, assiégeons le Parlement, jusqu’à la chute du gouvernement ». Les affrontements reprendrons donc certainement dès ce matin, toujours autour de la Place Syntagma.
Le 24 octobre 2011 a eu lieu une audience à la cour pénale d’Athènes (siégeant dans l’enceinte de la prison) contre les militants de Lutte Révolutionnaire . Trois des principaux accusés ont fait des déclarations dont voici les traductions :
de gauche à droite : Nikos, Costas et Pola
Des membres grecs et chypriotes d’Anonymous arguant le soutien d’Antisec et de GHS (Greece Hacking Scene) ont revendiqué l’attaque du site web du Ministère de la Justice tôt ce matin sur Indymedia Athènes. ‘Vous avez deux semaines pour retirer le traité d’ACTA, autrement nous lancerons une cyber-guerre totale en dévisageant 300 sites gouvernementaux et médiatiques ». Les hackers ont également publié le mot de passe de l’e-mail info@ministryofjustice.gr. Une vidéo de revendication typique d’Anonymous a été postée sur le site, accompagnée d’une autre vidéo représentant une émeute athénienne.

Le 16 janvier 2006, le militant anarchiste Giannis Dimitrakis a été arrêté, très lourdement blessé, lors d’une attaque contre la Banque Nationale à Athènes. En première instance, il avait été reconnu coupable de braquage, de soutien mental dans la tentative d’homicide du garde de la banque, d’avoir participé à un gang et d’avoir utilisé une arme à feu, et avait été condamné à 35 ans de prison. Lors de son procès en appel en décembre 2010, ses peines avaient été fusionnées, et il avait écopé d’un total de douze ans et six mois d’emprisonnement. Il vient de sortir de prison en liberté conditionnelle. Lors d’une soirée organisée pour fêter sa libération, il a pris la parole : ’J’étais, je suis et je resterai un anarchiste. Aussi longtemps que je vivrai et respirerai, le voyage se poursuivra. Ma condamnation est un terrain de lutte et de combat contre l’autorité ... Dans le dilemme de soit rester un spectateur faible ou un citoyen actif, j’ai décidé de participer. Et à la fin, nous vaincrons !’